Vénus


Vénus, sous ses beaux cils baissés,
S’endort, et voici qu’elle pense.
Elle a, pour un soir, délaissé
Ses jeux, ses amours, et la danse.

La nuit qui vient à pas de loup,
Si calme, et si propice aux rêves,
Allume en elle un désir fou
Qui s’éteint quand le jour se lève.

Elle a défait ses longs cheveux ;
Elle songe et sourit à peine ;
Elle revit de doux aveux,
Et l’amour fait d’elle une reine.

Tendre soupir est son espoir.
En l’attendant, elle repose,
Certaine qu’il viendra ce soir.
Son front est pur, sa joue est rose.