Fax


Puisqu’internaute, devenue,
De tout mon coeur je vous salue.
Pour fêter cet évènement,
À ma santé, buvez gaîment.

Cette missive peu banale,
Et pour le moins originale,
De votre grand-mère émanant,
N’est-ce pas là fait surprenant ?

Humblement, à vous destinée,
En temps record acheminée,
Je vous le laisse deviner,
Qui aurait pu l’imaginer ?

On ne s’étonne plus de rien.
On dispose de grands moyens.
Lorsque j’étais petite fille,
Que les garçons jouaient aux billes,

Sans connaître l’ordinateur,
Ce nouveau dieu triomphateur,
Ce grand voyageur sur les ondes,
Maître de tout, maître du monde

Maître sur terre, et dans les cieux,
Et cependant, maître après Dieu,
(Je suis croyante, et je le reste,
Car, à mon âge, on est modeste),

Nous n’avions pas d’autre horizon
Que notre petite maison.
Nous vivions comme des sauvages.
La vie était un esclavage.

Je veux célébrer cette date,
Car je ne suis pas femme ingrate.
Je pousse un grand cocorico !
Et que le répète l’écho !

Je voudrais qu’il vous étourdisse,
Vous étonne, vous réjouisse,
Si loin des yeux, si près du coeur,
Qu’il vous apporte le bonheur.

Je dis : Merci ! Je dis : Bravo !
À tous les savants, les héros,
Qui ont permis que je vous dise
En quelques mots tant de bêtises,
Et que je vous fasse la bise.