Il y a deux sortes d’humains :
Ceux qui se servent de leurs mains
Et qu’on appelle « gens honnêtes »,
Et d’autres, qui ne sont pas bêtes,
Qui, depuis longtemps, ont compris
Que tout ce qu’on leur a appris
Est le plus souvent inutile.
Ceux-là, sans doute, sont habiles.
Serait-ce un mal, serait-ce un bien ?
Qu’importe, puisqu’on n’y peut rien !
On se côtoie, on se rencontre,
Remarquez, je ne suis pas contre
Et je ne trouve, pour autant,
Cela mauvais, ni dégoûtant,
Ni même abject, ni même immonde.
Il faut de tout pour faire un monde.
C’est ainsi que, chaque matin,
Dans l’espoir d’un juteux butin,
Fût-ce au prix de fâcheux déboires,
Le malin rencontre la poire
Et qu’ils se prennent par la main
En évoquant des lieux communs,
Souriants, sans perdre de vue,
Le seul but de cette entrevue
Qui est d’en profiter aussi.
Hélas, le monde marche ainsi.
À dire vrai, ce n’est pas triste
Puisque c’est pour çà qu’il existe.
28.2.2005