Voici le grand remue-ménage,
Et la folie, et le carnage,
Le drame affreux, le bain de sang,
Auxquels on assiste, impuissant,
Et tandis que les enfants pleurent,
Que, par milliers, les hommes meurent,
Cependant, nous le savons bien,
Par la force, on ne résout rien.
La victoire n’est qu’une pause
Car, malheureusement la cause,
Si légitime quelle fût,
Et pour laquelle on s’est battu,
Est immortelle, il faut l’admettre,
Et jamais ne cessera d’être.
De part et d’autre, assurément,
Ils sont morts inutilement,
Tous ces héros qu’on glorifie,
Et qu’on dit « morts pour la patrie ».
Ils sont morts pour un idéal :
Vaincre un homme, ou vaincre le mal.
Mais ils ignoraient que leur cible
Restera toujours invincible.
Ils croyaient chasser le malin,
Puissant, redoutable félin,
Mais on exploitait leur courage
En leur faisant voir des mirages.
7.11.2001