Viens ! Mets ton cache-nez de laine,
Tes gants fourrés et ton manteau,
Après ce repas, aussitôt,
En promenade, je t’emmène.
Sous le ciel gris, dans la campagne,
Je ne sais trop où nous conduit
Ce sentier, mais, dans tes yeux luit
Le bonheur que je t’accompagne.
Sous nos pieds, craque le bois mort.
Ni chant d’oiseau, ni de verdure,
Mais, bien plus riche, la nature
Met sous nos pas un tapis d’or.
Quel est ce bruissement si doux ?
Entre les cailloux, qui serpente,
C’est un petit ruisseau qui chante,
Qui chante, et qui se rit de tout.
Et comme lui, tu me racontes,
Babillarde, tous tes secrets,
Ne craignant pas les indiscrets.
« Marchons moins vite, vois, ça monte ».
Ton nez rougit comme une pomme,
Enfant, et ton rire est joyeux.
C’est vrai, nous nous amusons mieux
Loin de la ville et loin des hommes.
Près de nos bois où l’air est sain,
Oh ! que la promenade est bonne,
Gaîment, par un beau jour d’automne,
Avec toi, la main dans la main.