Les vieux


« Ils ne sont plus bons à grand chose »
M’a dit un jour un abruti
Et je me suis senti, pour cause,
Découragé et tout petit.

Je suis rentré dans ma coquille
Et, comme un escargot baveux,
Coupable même de resquille
Et prêt à passer aux aveux.

Après un jeûne très sévère
En punition de mes péchés,
Qui fut pour moi un vrai calvaire
Car je ne peux pas m’empêcher

Hélas ! de bien manger pour vivre
Croyant que je l’ai mérité,
La vérité, je vous la livre,
Car elle est bonne à méditer :

Tout au long de cette existence,
Le soleil darde ses rayons.
Ceux-ci deviennent plus intenses
Quand il parvient à l’horizon.

Leur lumière est plus chatoyante
Et brille de mille couleurs.
Plus belles et plus attrayantes,
Elles n’ont que plus de valeur,

Car après leur apothéose,
Après qu’elles nous ont quittés,
Il en subsiste quelque chose
Qui vivra dans l’éternité.

6.11.2003