O! Lune, mon amie


Tu glisses dans la nuit
Et sans faire de bruit,
Même à travers l’orage,
Quand tu rentres au garage.

Depuis la nuit des temps,
Tu livres en partant
Et durant ton passage
Un ultime message.

A-t-il été compris ?
Que nous a-t-il appris ?
Pour l’homme, trop frivole,
Et même à bonne école,

Ce qui est établi
Disparaît dans l’oubli.
Mais toi, indifférente,
Dans ta course inhérente,

Tu ne fais aucun cas
De nos moindres tracas
Et tu nous abandonnes,
Le soleil te pardonne !

Comme chaque matin,
Avec un air hautain
Qui frise l’ironie
Pour tant de félonie.

Quelque soit la saison.
Sans doute, as-tu raison,
O! Lune, mon amie,
Qui n’a pas de patrie

Et donne au monde entier
Par amour, par pitié,
Ta chaleur, ta lumière,
Dans toutes les chaumières

D’ailleurs ou bien d’ici
Et dans les cœurs aussi.,
Et bien que si lointaine
Et parfois incertaine.

Tu te moques de tout
Et des humains surtout
Qui sans cesse s’escriment
À commettre des crimes

Et qui, pauvres de nous !
Ne sont que de vieux fous
Qui ont voulu t’atteindre
Mais ne savent éteindre

La haine qui, pourtant
Les tue à bout portant.
Tu apparais, moqueuse,
Dorée et lumineuse,

Glissant en découvrant
Ce spectacle navrant,
Toujours imperturbable,
Belle et incomparable.

12.11.2003