À un tyran


Tu attaches trop d’importance
À des choses qui n’en ont pas,
Et tu voudrais, bien en cadence,
Que tout le monde marche au pas

Et que les chiens aillent en laisse,
Au doigt, à l’œil, obéissant.
Tu ne comprends pas la faiblesse
Et mets la ville à feu, à sang,

Pour satisfaire tes caprices
D’enfant gâté, d’enfant méchant,
Et tu te sers de tes complices,
Par le profit, les alléchant.

Tu veux en tout être le maître
Et gouvernes par la terreur.
Il te faudra bien reconnaître
Un jour que c’était une erreur,

Que par la guerre, tant cruelle,
Par la force et par le bâton,
Toute victoire est irréelle,
À ce que dit un vieux dicton.

13.10.2002