Dans un monde, souvent immonde,
Où tout s’achète et tout se vend,
Le temps et la moindre seconde,
Où pour vivre il faut de l’argent,
Pour en gagner, on ment, on triche,
Car on n’en a jamais assez.
On rêve de devenir riche
Et d’oublier le dur passé.
Croyant faire une bonne affaire,
Ignorant, je m’en souviens bien,
À qui donc il avait à faire,
Un jour, il demanda combien
– Mais c’était là demande infâme –
Je lui vendrais, argent comptant,
Mes biens et, peut-être, mon âme.
Lors, je ne fus pas mécontent
D’aussitôt lui faire comprendre,
Dans ma peine, dans mon émoi,
Que, non, je n’étais pas à vendre,
Que toujours je resterai « moi ».
20.10.2002