En maudissant son triste sort,
Car il eût préféré la mort,
Un homme vivait à la ville,
Déplorant son état servile.
Il acheta pour trois fois rien
Quelques arpents, un maigre bien
Tout caillouteux, dans la nature,
Où il se rendait en voiture.
Sur cette terre sans limon,
Il respirait à pleins poumons
Et pour la rendre plus fertile,
Ce qui n’était pas inutile,
Il la bêcha profondément
Tout en suant abondamment
Pour nourrir sa progéniture.
Ce fut une grande aventure.
Puis il y mit beaucoup d’engrais,
Grosse dépense sans regret,
Car on sait depuis longue date
Que la terre n’est pas ingrate.
En prenant un peu de recul,
Je crois qu’il fit un bon calcul
Car ce minable prolétaire
Devint riche propriétaire.
8.10.2002