Poésie à une jeune fille


Il voulait être mon amant,
Sans doute il me croyait légère.
C’était un beau prince charmant
Et je n’étais qu’une bergère.

Ma mère m’a jadis appris
Que les hommes content fleurette
Lorsqu’ils se sentent très épris
Et, bientôt sûr de sa conquête,

Ce beau parleur qui me promet
D’aller me décrocher la lune
M’assure bien que désormais
Je partagerai sa fortune

Et puis il m’offre un grand palais,
Plus grand, plus beau que l’empyrée,
Avec servantes et valets,
Mais je ne suis pas attirée

Par la splendeur ni la beauté,
Ni l’éblouissante lumière
Que me fait voir ce chat botté
Et je préfère ma chaumière,

Sa chaleur, sa tranquillité,
Et sa très douce quiétude,
Son parfum, son intimité
Si chère, et dont j’ai l’habitude.

27.11.2002