Quand tu auras perdu ton teint de rose,
Ton beau sourire et ta franche gaîté
Et que tu seras quelquefois morose,
Regrettant ta jeunesse et ta beauté,
Quand tu seras devenue une aïeule
Et que tu auras perdu tant d’amis,
Que tu te sentiras parfois bien seule,
Fatiguée et sommeillant à demi,
Que tu seras comme pomme ridée,
Que tu n’éprouveras plus de désir,
À court de mots, parfois même d’idées,
Comment pourras-tu vivre sans plaisir ?
Alors, tu glaneras dans ta mémoire
Quelques rares épis : des souvenirs
De triomphes et parfois de déboires
Qui te feront peut-être rajeunir
Et, sous l’effet de la magie du verbe,
Unis avec amour et volupté,
Tu en feras quelques bouquets superbes.
Tout âge a sa tristesse ou sa beauté.
7.11.2002