À la vérité


Je t’aimais quand j’étais enfant.
J’étais alors tout innocence.
Maintenant dans l’adolescence,
Je t’aime encore et te défends.

Tu étais jadis mon amie
Et nous n’avions pas de secret,
Aucun remords, aucun regret
Et nous ignorions l’infamie

De celui qui trompe ou qui ment,
De la haine ou la perfidie
Et même de la félonie,
Parfois de celle d’un amant.

Aujourd’hui, malgré mes recherches,
Je ne te trouve nulle part.
À peine tu viens, tu repars.
Désespérément, je te cherche.

Tu ne te montres jamais nue
Et malgré tout ce qu’on dira,
Jusqu’à la fin tu resteras,
Aux yeux du monde, une inconnue

Tu prends plaisir au jeu cruel
De semer partout la détresse
Et tu nous condamnes, traîtresse,
À subir tous les maux actuels.

Tu nous conduis à Babylone,
Si fière et belle avec sa tour,
Mais c’est encore un mauvais tour.
Tu nous trahis, nous abandonnes.

Nous venions de toutes nations,
Confiants et, contre toute attente,
Nous vivons dans la mésentente,
La totale incompréhension.

Plutôt que ces maux délétères,
Pour semer un peu de vertu,
Dis-le moi quand reviendras-tu,
Quand donc reviendras-tu sur terre ?

18.11.2003