Et voici quelque fait divers,
Histoire de Croquemitaine
Qu’on raconte les soirs d’hiver
Et que m’inspira La Fontaine
Qui, lui, n’avait rien inventé
Puisqu’il puisa dans la nature,
Ainsi que dans l’antiquité
Ses merveilleuses écritures :
Un loup voulait croquer tout cru
Un paisible agneau sans méfiance.
Il voulait aussi, qui l’eut cru ?,
Pour ce, garder bonne conscience,
Même, qu’on l’en félicita,
Qu’on lui donna raison d’avance.
C’était pour le bien de l’Etat,
L’agneau lui avait fait offense.
N’y voyez aucune allusion.
Le loup n’est pas celui qu’on pense.
Ne vous faites pas d’illusion
L’agneau n’est pas tout innocence.
Mais, hélas, à mon grand regret,
En dépit de toute justice,
L’agneau finit, bon gré, mal gré,
Puisqu’accusé de tous les vices,
Étant trop faible et trop petit,
Mal protégé, et minuscule,
Par satisfaire l’appétit
D’un loup mauvais et sans scrupule,
Qui cependant, bien qu’ayant tort,
Reste impuni. Triste aventure
Qui donne raison au plus fort.
Telle est la loi de la nature.
30.01.2003