Ma chatte et moi nous portons bien.
Je ne saurais dire combien,
Ni comment je vis tant d’années,
Ni pourquoi je suis condamnée
– D’ailleurs, ce n’est pas important –
Chaque jour à passer le temps
À des besognes inutiles,
Fastidieuses et futiles.
Puisqu’on dit que c’est l’âge d’or,
– Ce que je fais ? – Je mange et dors.
Il faut que vieillesse se passe
En attendant qu’elle trépasse
C’est le temps qui manque le moins
Et j’en ai plus que de besoin,
Même à ne plus savoir qu’en faire
Et voilà bien ce qui diffère
De mon ancien emploi du temps
Où je courais, le cœur battant,
Pour faire comme tout le monde
Sans jamais perdre une seconde.
Je sais bien que, dorénavant,
Chaque matin en me levant
Et comme sage créature,
Lors, je bénirai la nature
Pour ses fruits et pour ses parfums,
Parce qu’elle tourne sans fin
Et, quoique indifférente, en somme
Elle se moque bien des hommes.
7.3.2005