L’ombelle


On en dit tant de bien, de mal,
On la méprise, ou on l’honore,
On la déteste, ou on l’adore,
Et tout ça lui est bien égal.

Ce n’est qu’une humble fleur des champs
Qui ne fait de mal à personne,
Qui parfois tremble, ou bien frisonne,
Victime des bons, des méchants.

Elle a poussé dans mon jardin
Malgré mes soins, là, par mégarde,
Grandi sans que j’y prenne garde,
Sans s’inquiéter de mon dédain.

Je l’ai regardée à genoux :
Peut-être une mauvaise graine
Qui m’apportera la gangrène ?
Mais, dans le doute, abstenons-nous.

Et qui pourrait bien le savoir ?
La nature à l’état sauvage
Parfois fait mieux que l’élevage.
Pour juger, attendons de voir

Qui est la belle que voilà.
Peut-être, ce n’est qu’une ombelle
Qui n’a souci que d’être belle
Puisqu’elle est faite pour cela.

17.8.2003