Vérité !


Tu es d’une grande beauté
Et, quoique belle, méconnue
Et d’une telle rareté !
Sois parmi nous la bienvenue.

Tu n’as pourtant que peu d’amis
Et, parmi tous ceux qui t’admirent,
Très nombreux sont tes ennemis.
Vérité n’est pas bonne à dire.

Ton franc parler, un peu trop cru,
Ne sauve pas les apparences.
Peut-être aussi trop de vertu
Et beaucoup trop de transparence

Empêchent qu’ils soient fascinés
Et la haine que tu suscites
Les fait bientôt t’assassiner,
Mais aussitôt tu ressuscites.

Sans lésiner sur les moyens,
Tes assassins qui récidivent,
Sans soucis du mal et du bien
Font de nouvelles tentatives

Et pour t’étouffer à tout prix,
Effacer de toi toute trace,
Jettent l’opprobre et le mépris
Pour te faire perdre la face.

Mais bientôt, en éclaboussant
Les meurtriers qui te menacent
Et quelques autres en passant,
Tu remontes à la surface.

Quelque soit le temps du parcours
Et aussi nombreux les méandres,
Si encombré en soit le cours,
Tu renais toujours de tes cendres.

Vivante même dans l’oubli,
Sans qu’on s’en doute ou qu’on le sache,
Disparaissant, sans alibi,
Jouant parfois à cache-cache.

Pourtant ils disaient qu’il t’aimaient,
Alors qu’ils te prennent pour cible.
Mais tu demeures à jamais
Invulnérable et invincible.

4.12.2003