Il y a ceux, à la douzaine,
Que l’on croise et connaît à peine,
et qui se disent vos amis.
Sympathiques, toujours bien mis.
C’est la fête après le carême !
D’emblée, on les croit, on les aime,
Et l’on est sûr, en connaisseur,
D’avoir rencontré l’âme soeur.
Mais souvent la vie est méchante,
Et le temps passe, et l’on déchante
Lorsque bientôt, nous le savons,
La belle bulle de savon
De toutes couleurs, écarlate,
En un éclair, pouf ! elle éclate,
À notre grande déception,
À la plus légère pression.
Il y a ceux, bien au contraire,
Si longtemps qu’on les considère,
Qui ont pied ferme, pied marin,
Gagnant chaque jour du terrain
Dans notre amour, dans notre estime,
Dans notre conviction intime,
Et dont nous ressentons l’ardeur,
Sous leur apparente froideur,
Et s’ils vous ont semblé de glace,
À mesure que le temps passe,
On s’aperçoit, en les aimant,
Qu’ils sont taillés dans le diamant.
25.10.2001