L’inspiration


Puisqu’ils avaient l’art de mentir,
Et de tout, de se divertir,
Comme de grands enfants s’amusent,
Les anciens l’appelaient : la muse.

Quand elle vient, l’inspiration,
Tout comme la respiration,
Sans même qu’on ne le désire,
Et doucement, comme on respire.

Elle vous étonne et surprend,
Vous souffle les mots, vous apprend
La beauté, la douceur de vivre,
Qu’on ne trouve pas dans les livres,

Et l’enthousiasme, et la passion,
Et l’art, et l’imagination.
Incognito, et invisible,
Inattendue, imprévisible,

Sans tintamarre, ni flonflon,
Pourtant, son silence en dit long,
Mais son éloquence est muette,
Sa présence, toujours discrète,

Dans un obscur rayonnement,
Qui parfois, et soudainement
Brille comme une grande fête,
Comme une flamme d’allumette.

Tout à coup plongé dans le noir,
On reste seul, et dans l’espoir
De cette présence irréelle,
De sa grâce surnaturelle.